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L'empreinte invisible : Mythes fondateurs et réinvention de l'identité à l'ère numérique Un voyage immersif au cœur des transformations sociétales contemporaines, explorant comment les récits ancestraux s'entremêlent et se confrontent aux réalités vertigineuses de la numérisation et de la globalisation. Ce volume se propose d'analyser, avec une acuité méthodologique rigoureuse, la manière dont les sociétés actuelles, submergées par le flux incessant de l'information et remodelées par les technologies de pointe, revisitent, réinterprètent ou rejettent les mythes fondateurs qui ont structuré leur identité pendant des siècles. Loin d'être de simples reliques du passé, ces récits archaïques — qu'ils soient religieux, héroïques ou liés à la conception même du temps et de l'espace — se révèlent être des opérateurs actifs dans la construction de nos subjectivités contemporaines. L'ouvrage est structuré en quatre grandes parties interdépendantes, chacune examinant un axe majeur de cette dialectique complexe entre permanence mythique et mutation technologique. Première Partie : La topographie de la mémoire fragmentée La première section plonge dans l'étude de la mémoire collective à l'ère du Big Data. Nous observons comment la prolifération des sources et la vitesse de leur circulation affectent la pérennité et la cohérence des narratifs historiques et mythologiques. L'accent est mis sur la sémiotique de l'oubli sélectif : quelles figures, quels événements sont activement effacés des mémoires numériques pour faciliter l'émergence de nouvelles utopies ou la justification de nouvelles structures de pouvoir ? Nous analysons, à travers des études de cas tirées de mouvements sociaux récents en Europe de l'Est et en Amérique du Sud, comment des symboles oubliés ou marginalisés sont réactivés par des plateformes numériques pour catalyser des mobilisations identitaires soudaines. Le concept de « résilience narrative » est introduit pour décrire la capacité de certains schémas mythiques (le héros déchu, la cité idéale, le déluge purificateur) à survivre aux ruptures épistémologiques majeures. Une attention particulière est portée à la manière dont les espaces virtuels, loin d'être des territoires neutres, reproduisent et amplifient les dichotomies binaires inscrites dans les cosmogonies traditionnelles : Ordre contre Chaos, Nature contre Culture, Vérité contre Illusions. Deuxième Partie : Le corps simulé et l'altérité radicale Cette partie aborde les implications anthropologiques profondes de la convergence entre biologie, technologie et identité. La numérisation de l'expérience humaine — de la surveillance biométrique à l'essor des corps augmentés et des intelligences artificielles — force une redéfinition de ce que signifie être humain. Nous examinons les métamorphoses des figures de l'Autre. Si les mythes classiques définissaient l'altérité par la géographie (les barbares, les contrées lointaines), l'ère actuelle la définit par le code et l'algorithme. Les systèmes d'IA, en tant que miroirs sophistiqués de nos propres logiques et biais, deviennent les nouveaux titans ou les nouveaux monstres mythologiques. L'ouvrage décortique l'émergence d'une nouvelle mythologie de la machine : l'androïde comme figure de l'hybride, la singularité technologique comme apocalypse eschatologique. Nous développons une analyse comparative entre la figure du Golem, créature d'argile animée par le verbe sacré, et les entités autonomes du XXIe siècle. Le fil conducteur est la question de la volonté non-humaine et la peur de sa perte de contrôle, un thème récurrent dans les mythes cosmogoniques. Troisième Partie : L'espace et la déterritorialisation du sacré L'exploration de l'espace est centrale. La globalisation, facilitée par les réseaux de communication instantanés, a rendu les lieux physiques moins déterminants pour l'appartenance. Cependant, les communautés virtuelles ne sont pas sans ancrage ; elles créent leurs propres « lieux de mémoire » immatériels. Cette section analyse la tension entre le « lieu sacré » traditionnel (le temple, la montagne, la tombe des ancêtres) et l'émergence de la « non-lieu » numérique (les forums, les serveurs, les métavers). Comment les pèlerinages contemporains, qu'ils soient réels (retours aux origines géographiques) ou virtuels (immersions prolongées dans des environnements simulés), tentent-ils de combler ce vide spatial laissé par la dissolution des frontières ? L'étude se penche sur la manière dont les espaces urbains hyper-connectés sont re-mythifiés par les acteurs sociaux. Les quartiers gentrifiés sont interprétés comme des tentatives de restaurer un ordre perdu, tandis que les zones franches ou les réseaux souterrains acquièrent une aura de résistance ou de marginalité qui rappelle les royaumes souterrains des légendes antiques. Quatrième Partie : Temporalités multiples et narration de l'avenir La dernière partie confronte la linéarité temporelle occidentale, héritée des Lumières, avec les conceptions cycliques ou simultanées du temps présentes dans de nombreuses traditions non-occidentales. La rapidité technologique impose une temporalité compressée, où le passé immédiat est déjà obsolète. Nous examinons comment cette accélération affecte notre capacité à projeter l'avenir. Les grands récits politiques (progrès illimité, utopie communiste ou néolibérale) semblent s'être essoufflés, laissant un vide que tentent de combler de nouvelles narrations prospectives : écologie profonde, transhumanisme radical, ou, paradoxalement, le « slow thinking » comme forme de résistance spirituelle. L'ouvrage conclut sur l'idée que l'identité contemporaine n'est pas tant une synthèse qu'un palimpseste dynamique, où les couches narratives du mythe ancien, de l'idéologie moderne et de la réalité augmentée se superposent sans jamais s'effacer complètement. Comprendre cette stratification est essentiel pour déchiffrer les enjeux éthiques et politiques de notre présent. Ce livre s'adresse aux chercheurs en sciences humaines et sociales, aux philosophes, aux anthropologues, et à tout lecteur intéressé par la manière dont les récits façonnent notre expérience du monde dans un environnement en mutation exponentielle. Il offre un cadre conceptuel riche pour naviguer dans la complexité de l'être-au-monde au XXIe siècle, sans jamais perdre de vue les racines profondes de notre imaginaire collectif.